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Photovoltaïque : Une opportunité pour les entreprises

Publié le 05/02/2018 - Par karine.meteyer@...

CGMP à Tuffé a installé 319 panneaux sur une surface de 3300 m² lors d'une réfection de toiture."La Terre reçoit chaque jour du soleil une énergie équivalente à 7 000 fois la consommation énergétique mondiale annuelle !", souligne Yan Ruault-Sapin, ingénieur commercial chez IEL, groupe breton spécialisé dans l'installation et la production d'énergies renouvelables, lors de son intervention sur l'énergie photovoltaïque à la CCI en novembre dernier. Un chiffre impressionnant qui ouvre bien des perspectives pour cette énergie verte. Intéressante écologiquement pour la planète, elle doit néanmoins l'être aussi économiquement pour que les projets se multiplient.

À Tuffé, CGMP a installé 319 panneaux sur une surface de 3 300 m² en 2011 lors d'une réfection de toiture. "Le coût total - réfection des toits et installation photovoltaïque clé en main - s'est élevé à 1,8 million d'euros. Le calcul de rentabilité s'est fait sur treize ans, explique Laëtitia Mary, responsable QSE du fabricant de nappes, serviettes, sets et rouleaux en papier. Cette installation qui s'inscrit dans la politique de maîtrise de la consommation électrique de l'entreprise, avec l'objectif de réduire de 40 tonnes notre empreinte carbone, représente aussi un gain financier. L'électricité produite est vendue à ERDF actuellement au tarif de 0,42 euro le kWh, contre 0,438 euro au départ. 385 496 kWh ont été produits en 2017, ce qui équivaut à 20 % de notre consommation, soit les besoins en électricité de 82 foyers."

Même intérêt pour le Gaec Le Pis Qui Chante à Villaines-sous-Lucé équipé de panneaux photovoltaïques depuis 2010. "Nous cherchons l'autonomie fourragère et énergétique, explique Olivier Lebert, l'un des trois associés avec Jérôme Calmet et Thierry Gosselin. Afin d'avoir un foin de qualité, nous avons construit un bâtiment équipé d'un système de séchage en grange qui utilise la récupération de l'air chaud. Nous avons choisi de remplacer les tôles noires généralement utilisées pour cette Le Gaec Le Pis Qui Chante à Villaines-sous-Lucé est équipé de panneaux photovoltaïques depuis 2010.technique par 920 m² de panneaux photovoltaïques. Nous avons mis en relation trois bureaux d'études (dimensionnement du séchoir, construction du bâtiment, panneaux) pour mettre au point cette technique qui était balbutiante à l'époque. Aujourd'hui, cela s'appelle de l'aérovoltaïque. Pour construire le bâtiment (200 000 euros) et investir dans les panneaux photovoltaïques (650 000 euros), on nous a conseillé de créer une SARL. Ainsi, Solacté loue le bâtiment au Gaec qui l'a équipé en séchoir. Avec la revente d'électricité sur 20 ans et des prêts sur 15 ans, on a financé une partie du bâtiment. La banque nous a prêté 850 000 euros grâce à l'assurance des revenus solaires, alors qu'en tant que Gaec, obtenir un prêt de 200 000 euros pour le bâtiment aurait été bien difficile. Au bout de sept ans, cette SARL nous dégage de la trésorerie… ce qui n'était pas prévu au départ." Très satisfaits de la formule, les associés ont aussi équipé le plus ancien bâtiment de l'exploitation dans le cadre d'une réfection de toiture avec 80 m² de panneaux. Toujours en veille sur l'évolution des tarifs d'achat, ils ont décidé en 2014 de monter un bâtiment de 800 m². "Malgré un tarif d'achat divisé par trois, ce bâtiment financé sur 15 ans nous coûte de 0 à 2 000 euros par an suivant l'ensoleillement. Sans les panneaux photovoltaïques, nous aurions dû attendre 4 à 5 ans pour le construire".

Évolution des tarifs d'achat

Pour lancer la filière, les prix de rachat de l'électricité photovoltaïque étaient élevés (de 50 à 60 centimes le kWh). Aujourd'hui, ils ont beaucoup baissé et avoisinent les 11 centimes.

Qui plus est, l'électricité achetée aux fournisseurs va sûrement augmenter. "La parité réseau, qui signifie que le coût de production du kWh photovoltaïque et le prix d’achat de l’électricité sont égaux, sera atteinte avant 2020 en France, indique l'ingénieur commercial d'IEL. C'est déjà le cas en Californie, au Japon, au sud de l'Italie ou en Allemagne par exemple. Ceci est dû, d'un côté, à la baisse continue des modules photovoltaïques depuis 20 ans et aux faibles coûts d’exploitation, et, de l'autre côté, à l'augmentation des coûts de production de certaines centrales traditionnelles (entretien et mise en conformité des centrales nucléaires, prix des énergies fossiles, démantèlements, traitement des déchets, etc.) qui pourrait faire bondir la facture pour les tarifs bleus et pour les tarifs jaunes pro."

Jusqu'à présent, vendre l'énergie produite était plus rentable que d'autoconsommer. Mais cela change avec l'augmentation prévisible des tarifs de l'électricité.

Vers l'autoconsommation

Les tarifs de rachat d'électricité élevés expliquent le faible développement de l'autoconsommation. De plus, de nombreuses personnes pensaient qu'on n'avait pas le droit de consommer sa propre électricité, car la notion d'obligation d'achat était dans leur esprit une obligation de vendre. Le cadre législatif a évolué depuis juillet 2016 et éclaircit ce point.

Intervention à la CCI de Yan Ruault-Sapin, ingénieur commercial chez IEL, groupe breton spécialisé dans l'installation et la production d'énergies renouvelables."L'autoconsommation est individuelle ou collective. Dans le second cas, un ou plusieurs producteurs peuvent fournir leur production électrique à un ou plusieurs consommateurs situés dans une boucle locale, précise Yan Ruault-Sapin. Elle est aussi totale ou partielle. Il est possible d'atteindre 50 % d'autonomie sur une journée. Et si on produit plus qu'on ne consomme, l'excédent est dirigé vers le réseau." Les autoconsommateurs peuvent choisir de le vendre au tarif fixé par l'arrêté tarifaire ou de le céder gratuitement au gestionnaire du réseau (pour les installations d'une puissance inférieure à 3 kWc).

D'ici à quelques années, le coût du kilowattheure stocké devrait baisser significativement, ce qui devrait participer à l'augmentation du nombre d'autoconsommateurs.

Actuellement, pour évaluer l'intérêt de l'autoconsommation, "il faut déterminer le profil de consommation et le profil de production, conseille Yan Ruault-Sapin. C'est mieux si la consommation est régulière. Il faut aussi prendre en compte les prévisions de consommation : hausse, baisse ou stagnation".

"Vu nos prix de rachat élevés, vendre notre électricité est plus rentable. À la fin de notre contrat de 20 ans, on verra si c'est intéressant de passer en autoconsommation", indique Laëtitia Mary. Olivier Lebert, lui, reste en veille sur l'autoconsommation "pour une nouvelle installation et préparer la fin des contrats sur les installations existantes".

Et pourquoi pas à l'avenir, le partage de panneaux photovoltaïques entre voisins ou encore l'échange d'énergie entre entreprises et/ou entre citoyens.

 

Contact CCI : Cyrille Naoarine au 02 43 21 00 32

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